Chambre

Questions de Mme Julie Fernandez Fernandez au secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, chargé de la Simplification administrative, adjoint au ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, sur "la détention d'un professeur d'université à la frontière le week-end du 2 décembre »

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, nous nous sommes tous émus d'apprendre samedi soir qu'un professeur d'université invité en Belgique par l'Université libre de Bruxelles avait été placé en centre fermé suite à un contrôle à la frontière. Depuis que cette information a été relayée par la presse, je ne parviens pas à comprendre que nous puissions en arriver à une situation pareille.

  • Comment n'a-t-on pas envisagé de vérifier que ce vice-président d'université était effectivement invité par l'ULB?

  • Comment se fait-il que l'occasion ne lui a pas été donnée d'appeler ses collègues, qui auraient pu fournir les documents demandés?

  • Est-ce le fait du zèle d'un douanier?

  • Plus personnellement, je pense que c'est malheureusement le résultat du climat que vous imposez en matière d'accueil des étrangers.

  • Monsieur Francken, comment en arrive-t-on à donner une image aussi désastreuse de notre pays, même au niveau académique?

Réplique

Monsieur le secrétaire d'État, je pensais que vous alliez nous expliquer qu'il s'agissait d'un excès de zèle de la part d'une personne. Vous ne l'avez pas fait, vous assumez. Je reconnais que vous assumez pleinement votre politique.

Je suppose que le professeur d'université – qui parle français, je pense – a dû expliquer qu'il était en mission dans le cadre d'une collaboration académique. Je pense qu'il a dû expliquer que ses collègues étaient là et qu'ils pouvaient fournir toute la documentation. J'entends bien que les agents fédéraux sont des êtres humains qui commettent des erreurs mais je suis presque gênée de vous rappeler que les personnes qui arrivent, même si elles sont étrangères, sont des êtres humains aussi!
Je pense qu'on assiste encore ici à une criminalisation de l'étranger.

...

Ce sera l'étape d'après : on coupera la parole aux parlementaires.
À travers le temps, les dynamiques et les étapes ont été les mêmes. On s'en prend aux plus fragiles, on fait de la propagande. Avant, c'était sur des affiches et aujourd'hui, c'est sur Twitter. On diffuse sa propagande nauséabonde!

Monsieur le secrétaire d'État, avec votre politique, vous vous appauvrissez tous les jours. Vous êtes arrivé à insérer insidieusement dans l'esprit des gens et des agents fédéraux que l'étranger est un criminel. Cela ne va pas! C'est indigne d'un pays comme la Belgique, c'est indigne d'une démocratie, c'est indigne d'un État de droit, c'est indigne d'un membre de gouvernement.
Partout dans le monde, on signe des pétitions et on s'indigne lorsque, en Turquie, on enferme des intellectuels et des professeurs d'université parce qu'ils représentent la liberté et la liberté de penser. Vous avez réussi à faire la même chose en Belgique! Et le pire est que vous justifiez ces positions devant des parlementaires!
Je suis désolée de devoir vous dire, monsieur Francken, que cette façon de faire est indigne.


Retrouvez l’intégralité des échanges sur www.lachambre.be

La Chambre des Représentants,
Commission de l'Intérieur, des Affaires générales et de la Fonction publique
Bruxelles, mardi 5 décembre 2017.

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