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La détérioration de la qualité de l’eau wallonne a-t-elle un impact sur la santé des consommateurs ?

Monsieur le Ministre Henry, 

En 2005, la Région wallonne a puisé environ 2 600 millions de m3 d’eau dans ses cours d’eau et ses nappes d’eau souterraine. Les prélèvements dans les nappes aquifères représentent, quant à eux, ± 385 millions de m3 par an, soit environ 70 % des volumes renouvelés naturellement par la recharge pluviométrique. L’essentiel de ces prélèvements est destiné à la distribution publique d’eau potable en Région wallonne mais aussi dans les deux autres Régions du pays (pour ± 40 %). 

Récemment, la presse a largement évoqué la problématique de la qualité de nos nappes aquifères. En effet, dans un rapport récent, l'administration a indiqué que la qualité de l'eau contenue dans les nappes souterraines en Wallonie se dégrade en raison de la présence accrue de nitrates et de pesticides, les deux principaux indicateurs de pollution. Or, la majeure partie de l'eau du robinet que nous consommons provient de ces mêmes nappes. 

Monsieur le Ministre, ce qui est assez paradoxal avec ce rapport c'est que malgré cette détérioration de la qualité des nappes d'eau souterraines, nous continuons à promouvoir l'usage de l'eau du robinet. Ainsi, dans les crèches de la Communauté française, le lait est dilué dans de l'eau du robinet. Par ailleurs, notre déclaration de politique régionale prévoit de promouvoir la qualité de l’eau du robinet en tant qu’eau de boisson, en priorité dans les lieux et les administrations publics. 

N'y a-t-il pas là un problème entre une volonté politique et la qualité effective de nos réserves en eau ? Selon vous, malgré la détérioration constatée, les consommateurs wallons peuvent-ils continuer à consommer de l'eau du robinet ? Avez-vous étudié l'impact de ces mesures sur la santé de nos concitoyens ? 

Je vous remercie pour votre bonne attention. 

Julie Fernandez-Fernandez

Députée wallonne.